Pose de sphincter artificiel

Lorsque les fuites urinaires dépassent 300 à 500 ml/jour, la pose d’un sphincter urinaire artificiel représente le traitement de choix.

 

L’état cognitif et l’habileté du patient doivent permettre son utilisation avant d’envisager sa pose.

 

Un bilan minimum doit être réalisé préalablement :

  • Quantification des pertes : PAD test
  • Urétrocystoscopie
  • Bilan urodynamique

 

Le sphincter se compose de trois parties :

  • Une manchette gonflable autour de l’urètre, pour stopper totalement l’urine par compression circulaire
  • Une pompe qui entraîne l’ouverture de la manchette pour vider la vessie en temps voulu.
  • Une poire de commande qui permet de chasser le liquide de la manchette vers le ballon. Cette pompe est placée dans le scrotum, devant un des testicules très en avant et en bas pour être facilement accessible à la manipulation.

 

Au repos, la manchette est remplie et écrase l’urètre, empêchant les fuites d’urine.

 

Lorsque le patient veut vider sa vessie, il bloque la pompe avec une main et appuie 2 ou 3 fois sur la partie inférieure de la poire de commande avec le pouce et l’index de l’autre main.

 

Le liquide est chassé vers le ballon réservoir placé latéralement en arrière du pubis, la compression autour de l’urètre est levée et le patient peut uriner.

 

Au bout de 2 ou 3 minutes, le liquide revient automatiquement dans la manchette pour écraser l’urètre.

 

Le sphincter artificiel ne sera activé qu’au terme de la cicatrisation environ 4 à 6 semaines. Les fuites urinaires sont donc toujours présentes dans l’attente de l’activation du sphincter urinaire. L’activation du sphincter est réalisée en appuyant fortement sur la pompe qui était bloquée. Le sphincter devient fonctionnel, la manchette est gonflée et vous apprenez à le manipuler pour aller uriner.

 

Risques et complications

  • Les infections de prothèse (4,5%) sont une complication grave, imposant d’enlever tous les éléments du sphincter. Les causes peuvent en être une contamination préopératoire par des germes environnementaux ou cutanés, une infection urinaire non diagnostiquée et/ ou des traumatismes de l’urètre.
  • Les problèmes mécaniques se voient dans 7% des cas en moyenne et sont généralement le fait d’une implantation inadaptée, d’une pression inadéquate dans le ballonnet, de tubulures bloquées ou coudées ou d’une manchette de dimension incorrecte.
  • Les érosions urétrales précoces résultent soit d’une infection, soit d’une manchette trop petite. Une atrophie ou une fibrose urétrale secondaire à la pression de la manchette peut provoquer une érosion tardive.
  • L’atrophie urétrale peut favoriser la récidive de l’incontinence, efficacement traitée dans 80% des cas par l’implantation d’une nouvelle manchette après un délai de 6 à 12 mois. La radiothérapie effectuée après la prostatectomie pourrait majorer le risque d’érosion urétrale.

 

Les différentes complications imposent une révision, c’est-à-dire une réintervention dans 10 à 15 % des cas.

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