HIFU, Ultrasons focalisés, Ablatherm

Le traitement par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) ou Ablatherm est un traitement local du cancer de la prostate non métastatique.

 

Ce traitement a pour objectif de traiter le cancer de prostate par application locale de la chaleur.

 

ablatherm

 

Indication du traitement HIFU à visée curative dans 2 indications (recommandation AFU) :

  • Patients atteints de certaines formes de cancers localisés de la prostate.
  • Traitement de rattrapage pour des récidives locales strictes chez des patients traités initialement par radiothérapie externe ou curiethérapie pour un  cancer localisé.

 

Le principe du traitement est d’induire une fibrose secondaire complète de la prostate après destruction des cellules cancéreuses, obtenue par effet thermique d’un faisceau d’ultrasons de haute intensité. Ces ultrasons d’énergie élevée sont émis par une sonde endorectale, introduite dans le rectum du patient. La sonde est recouverte d’un ballonnet contenant un liquide réfrigéré qui permet de maintenir la paroi rectale à une température constante pendant toute la durée du traitement.

 

Les ultrasons se focalisent à travers la paroi du rectum vers la zone à traiter. Le faisceau d’ultrasons est émis sous forme de tirs qui durent 5 secondes. Chaque impulsion ultrasonore détruit sélectivement une petite zone de tissu de la prostate qui mesure 22 millimètres (mm) de long et 2 mm de diamètre.

 

Cette destruction se fait grâce à une élévation brutale de la température dans la zone traitée, provoquant une destruction définitive des tissus visés.

 

Le nombre de tir dépend du volume de la prostate : environ 300 à 400 tirs successifs sont nécessaires pour traiter dans sa totalité une prostate de volume moyen.

 

L’Ablatherm® est un appareil qui intègre plusieurs composants : un support sur lequel repose le patient pendant le traitement, un générateur d’ultrasons, un échographe intégré qui permet la localisation de la prostate par l’urologue, une tête de tir endorectale qui combine une sonde d’imagerie et le transducteur de traitement qui émet les ultrasons focalisés. Ces 2 éléments sont placés dans un ballon de latex rempli d’un liquide réfrigéré. Un ordinateur contrôle et dirige les tirs selon le planning de traitement établi par l’urologue. Le système arrête automatiquement les tirs si une anomalie est détectée en cours de traitement.

 

Le traitement se déroule préférentiellement sous anesthésie générale, le patient devant rester immobile. L’hospitalisation est de courte durée (1 à 3 j).

 

Le chirurgien repère les limites de la prostate par échographie et définit sur l’écran de contrôle la zone qu’il souhaite traiter. 400 à 600 tirs sont généralement effectués pour traiter le volume précédemment défini. Le traitement, dure 1 à 3 heures selon le volume de la prostate, se termine par la mise en place temporaire d’une sonde à demeure. Elle permet une évacuation normale de l’urine jusqu’à ce que l’œdème régresse.

 

Il peut être nécessaire de réduire préalablement le volume prostatique par énucléation LASER ou résection endoscopique pour diminuer le volume à traiter.

 

Le retour à domicile est possible après reprise mictionnelle à l’ablation.

 

Une surveillance du PSA à 3 mois puis tous les 6 mois ou 1 an est indiquée. Si l’évolution du PSA n’est pas satisfaisante (PSA > 1 ng/ml) , des biopsies de contrôle peuvent être réalisées.

 

Si un foyer cancéreux résiduel était décelé (environ 20 à 25% des cas), votre dossier serait re-discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) et une 2ème séance d’ Ablathem® ou un autre traitement pourrait être envisagé.

Risques et complications

Les complications directement en relation avec l’intervention sont rares, mais possibles :

 

Les effets secondaires immédiats

Pendant les deux mois qui suivent le traitement, certains patients présentent des troubles urinaires qui sont le plus souvent mineurs et régressifs (mictions fréquentes, mictions urgentes avec parfois fuites, infection urinaire sans fièvre, petits saignements et/ou élimination de débris nécrotiques dans les urines).

Les effets secondaires tardifs

Les principaux risques sont l’incontinence urinaire d’effort et les rétrécissements de l’urètre prostatique : les patients qui présentent une incontinence urinaire d’effort persistante peuvent bénéficier d’un traitement spécifique. Un rétrécissement de l’urètre prostatique ou sténose peut survenir dans les mois qui suivent le traitement. Il peut nécessiter une intervention par voie endoscopique (urétrotomie interne) pour rétablir la perméabilité de l’urètre comprimé par la fibrose.

 

La survenue de troubles de la fonction érectile dépend de l’âge et de la technique de traitement. La préservation d’un nerf érecteur est possible en cas de cancer unilatéral.

Cas particulier de récidive locale après radiothérapie externe

Le traitement par Ablatherm® peut être utilisé chez les patients présentant une récidive locale après radiothérapie externe. La récidive doit être prouvée par des biopsies. L’absence de métastase associée doit être démontrée (scintigraphie osseuse, scanner thoraco-abdominal). Le traitement se déroule de la même façon que chez les patients traités en 1ère intention. Mais parfois, le traitement peut s’avérer impossible à réaliser lorsqu’il existe une sténose rectale ou un épaississement anormal de la paroi du rectum.

 

Le contrôle complet de la maladie n’est obtenu que dans 40% des cas.

 

Le risque d’effet indésirable est plus élevé que chez les patients traités en 1ère intention (incontinence modérée ou sévère, sténose de l’urètre prostatique).

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